

On nous demande parfois pourquoi nous avons quitté une vie confortable et bien installée.
À Beaugency, Jérôme était connu pour son activité de guérisseur et j’exerçais comme psychologue, psychanalyste. Nous avions nos repères, de belles rencontres et une vie qui, vue de l’extérieur, semblait avoir trouvé son équilibr
Et pourtant, peu à peu, nous avons senti un appel. Non pas parce que cette vie ne nous convenait plus, mais parce qu’une autre semblait nous attendre.
Avec le temps, nous nous sommes rendu compte que ce n’était peut-être pas vraiment une décision.
Bien sûr, nous avons fait des choix. Nous avons vendu, acheté, construit, renoncé, recommencé. Mais derrière ces décisions, il y avait une force, quelque chose de plus grand que nous.
Comme un appel.
Un appel discret, mais persistant, qui nous invitait à ralentir, à respirer autrement et à retrouver une vie plus simple, plus proche de la nature.
Au début, nous avions beaucoup imaginé ce que serait notre nouvelle maison, notre nouvelle façon de vivre. Puis les choses ne se sont pas déroulées comme nous l’avions prévu. Des portes se sont fermées, d’autres se sont ouvertes. Peu à peu, nous avons compris que ce n’était peut-être pas à nous de tout décider.
La maison que nous voulions construire il y a quelques années n’est d’ailleurs plus celle que nous rêvons aujourd’hui.
En avançant, c’est notre regard qui a changé.
Nous avons découvert qu’il existait une autre richesse : le temps passé auprès des arbres, le chant des oiseaux au lever du jour, les plantes que l’on apprend à connaître, les saisons qui rythment naturellement les journées, l’eau, la terre, les animaux et les rencontres simples.
Nous avons aussi pris conscience que le monde moderne nous invitait souvent à aller toujours plus vite, à produire et consommer davantage , toujours plus , à remplir nos journées de vide sans laisser de place au silence.
Nous avons ressenti le besoin de prendre une autre direction.
Non pas pour fuir le monde, mais pour nous rapprocher de ce qui nous semblait essentiel, plus proche des vibrations du cœur.
Aujourd’hui, nous essayons simplement de vivre en accord avec la vie , avec l’amour de la vie .
Nous cultivons un jardin en permaculture. Nous découvrons, nous apprenons chaque jour. Nous construisons lentement notre lieu de vie. Nous nous émerveillons encore d’une fleur qui s’ouvre, d’une récolte inattendue ou d’un repas partagé sous les arbres.
La Quinta Esperom est née de ce chemin.
Elle n’est pas l’aboutissement d’un projet parfaitement pensé.
Elle est le fruit d’une rencontre entre un lieu, la vie… et deux personnes qui ont choisi de lui faire confiance.
Si nous ouvrons aujourd’hui les portes de notre maison, ce n’est pas pour montrer un modèle à suivre.
C’est simplement parce que nous croyons que les plus belles rencontres naissent lorsque l’on partage sincèrement un morceau de sa vie.
" Est-ce qu’on a décidé quelque chose dans cette histoire ? On ne sait pas vraiment "


Nicolas
Habitant de la Quinta Espérom, je participe chaque jour à faire vivre cet écolieu avec l’envie simple de montrer qu’une autre façon de vivre est possible.
Depuis mon arrivée ici, ce mode de vie m’a profondément transformé. Le contact avec la nature, le travail concret, les animaux, les saisons et la vie collective m’ont permis de mieux me connaître et d’avancer vers une version plus juste de moi-même.
À la Quinta, chaque journée apporte son apprentissage. Il y a les efforts, les remises en question, les moments simples, les réussites, et parfois les difficultés. Mais tout cela fait partie du chemin.
Je crois qu’un début exigeant peut ouvrir la porte à une suite plus fluide. Ici, j’apprends à construire, à persévérer, à prendre ma place et à participer à un lieu qui donne envie de croire qu’il est possible de vivre autrement.
“À la Quinta, j’apprends chaque jour à construire ma vie autant que je participe à construire le lieu.”
